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mise à jour texte 14 Avril 2012 : du prologue au chapitre XXIII dans la section page.

Nouvelles pages le 24 mai 2012
Le XXIX ème chapitre : Ne pleure pas EN LIGNE

Mise à jour de la playlist 03/05/2012
Amy Macdonald, JJ Goldman, Lana Del Rey, Aoife Ni Fhearraigh.

 


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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 14:47

 

Ne pleure pas…

 

Chapitre XXIX

 

 

 

 

Encore un cauchemar.

La nausée et un mal de tête violant ne me quittait pas.

La chaleur de l'été était étouffante.

Mon lit s’enfonçait dans le sol.

J’entendais quelqu’un pleurer.

J’entendais encore ce chat.

Des claquements de sabot résonnaient dans ma tête.

« Où sont-elle? »

Je me réveillais en sueur.

J’entendis une fois encore des pleurs de jeune femme puis encore ce maudit chat.

Je versais de l’eau sur ma tête.

Le visage dégoulinant, je prenais mon arc, l’armais d’une flèche et visais l’œil globuleux de la chatte en chaleur qui me réveillait toutes les nuits depuis une quinzaine.

Les mains moites, le regard embrumé, je tendais la corde mais quelque chose me distrait.

Le corps endormi, ma main relaissa la flèche sur la chatte alors que mon attention se concentrait sur des pleurs.

Il y avait bien une jeune fille qui pleurait.

La flèche toucha le chat qui roula le long du toit dans des miaulements d’agonie qui ne parurent pas plus inhabituels que les autres puisque personne n’y prêta attention.

Au puits de l’orée du bois, il y avait une jeune fille qui pleurait.

 

Au moyen d’une corde à nœuds toujours dissimulée sous mon lit, je sortais de ma chambre par la fenêtre pour aller à la rencontre de cette jeune fille.

Alors que je m’approchais d’elle, je ne vis que sa tristesse. Ses longs sanglots me fendaient le cœur et je me sentis investie.

Elle avait de longs cheveux blonds, des longues mains de musicienne, une robe blanche légère, de celle qu’ont les dames pour dormir dans de luxueux lits à baldaquins.

La tête dans les mains, je ne vis pas tout de suite son visage mais elle devait être jeune, peut-être mon âge, peut-être un peu plus.

- Damoiselle?

Elle releva un visage larmoyant.

Sa peau, ses yeux, tous étaient de nuances blanc bleuté presque transparent. Elle était belle comme un ange.

- Pourquoi pleurez-vous?

Elle me regarda l’air égaré.

Tentant de calmer ses suffocations, elle me dit :

- Je ne sais pas.

- Vous êtes seule?

Elle regarda autour d’elle.

- Apparemment! Dit-elle tristement. Personne ne semble se soucier de ma personne.

- D’où venez vous?

- Je ne sais pas! Dit-elle une nouvelle fois.

On aurait dit le regard d’un animal perdu, blessé.

Ses larmes se remirent à couler.

Je tendais ma main pour essuyer les larmes mais je ne pus.

Elle se figea, réalisant la même chose que moi. Un léger rayonnement bleuté l’enveloppait.

- Je suis morte, mon dieu, je suis morte!

La voyant plus paniquée que moi, la peur du fantôme n’eut pas le temps de m’envahir.

- Vous me connaissez? Me demanda-t-elle.

- Non! Lui répondis-je.

- Depuis combien de temps, suis-je…

Elle ne put le redire.

- Je ne sais pas damoiselle, c’est la première fois que je vous vois.

- Je ne me souviens de rien…

- Votre nom, peut-être?

- Non! Dit-elle en tentant de réfléchir.

- Un souvenir de quelques sortes?

- Pas le moindre, réalisa-t-elle.

Elle s’aguerrit.

- Me cherche-t-on?

- Non, damoiselle, lui dis-je le visage contrit. On ne cherche personne.

 

 

OOOO

 

- HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!

Il reprit :

- HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!

Je couvrais la bouche de Léo.

- Oui, c’est un fantôme, lui confirmais-je.

Il retira ma main, les yeux écarquillés.

- Il, il…

Il regarda autour de lui.

- Elle. Et oui, « elle » est dans « ta » chambre, lui confirmais-je.

- Et et…

- Je lui ai parlée?

Il opina du chef.

- Oui, je lui ai parlée.

- Et elle part quand? S’inquiéta Léo.

- Elle va rester.

- Dans ma chambre? Paniqua Léo.

Je regardais un instant l’esprit.

- Pas dans « ta » chambre, mais au moins avec nous.

Il fixa le spectre.

Il papillonna des yeux pensant que son rêve était trop réel.

- Tu penses que je vais bientôt me réveillé et arrêter de te voir dans « ma » chambre?

La spectre hésita.

- Non, dit-elle désolée.

- Elle me parle, le fantôme me parle! S’étonna Léo. Ce rêve est vraiment très…

Je mis un claque à ce mou du genou.

C’était plus simple pour lui de voir cette jeune femme d’un point de vue onirique plutôt que réel.

- Léo, réveille toi. Tu ne rêves pas, elle est là.

Il me regarda ahuri.

Voyant arriver la jumelle de sa première gifle, il réagit.

- Oui, d’accord, il y a un esprit dans ma chambre. Apparemment elle va rester avec nous, jusqu’à quand je ne sais pas, grimaça-t-il dans une expression d’inconnu.

- Jusqu’à ce qu’on sache qui elle est.

- Jusqu’à ce qu’on sache qui elle est, répéta Léo.

Il réagit.

- Elle ne sait pas qui elle est?

L’instinct d’enquêteur de Léo se réveilla.

La jeune femme se remise à pleurer.

- Excusez-le, rattrapais-je.

- Désolé, désolé fantôme, lui dit-il.

Il se retourna vers moi.

- Elle ne sait pas qui elle est et nous devons le savoir pour qu‘elle quitte ma chambre.

- Léo!

- La bibliothèque.

- La bibliothèque?

- Il y a des ouvrages sur les fantômes, cela pouvait nous aider à comprendre ce qu’est réellement un spectre et l’aider à se rappeler et faire qu’elle préfère rentrer chez elle plutôt qu’elle élise domicile dans ma chambre.

- Léo! Rabrouais-je mêlé d’un taquet derrière sa tête de mule.

- Aïe! Oui, la spectre reste avec nous mais pas dans ma chambre, j’ai compris, c’est bon.

Il regarda une fois de plus le fantôme.

Se levant de son lit, il réalisa que c’était une formidable expérience pour un scientifique. Il lui tendit la main :

- Ravi de vous connaître, dame fantôme, c’est un honneur pour moi de vous côtoyez.

- Pardonnez-moi, mais je ne pourrais pas vous rendre votre poignée de main.

- Ha oui, désolé, réalisa le garçon.

- Si nous allions à la bibliothèque, enchaînais-je.

- Oui, répondirent en cœur le scientifique et le fantôme.

 

 

OOOO

 

 

La nuit était calme. Pour une fois, Rasmus n’avait pas élu domicile dans la bibliothèque et la grande salle s’offrit toute entière à nos recherches.

- Dans cet ouvrage on peut lire : Un fantôme est la manifestation de l’esprit d’un mort. Cet esprit resté prisonnier du monde de l’en-deçà, n’a pas accédé au monde de l’au-delà. Les raisons de cette non-accession à l’autre monde peuvent être diverses : soit l’esprit a le dessein d’accomplir une vengeance soit, il souhaite aider des proches soit, il est condamné à errer éternellement dans nos mondes en punition de ses mauvaises actions passées.

Léo eut un frisson.

Je pris la suite de la lecture.

- Les fantômes sont aussi appelés spectres, revenants, esprits, lémures, apparitions, ectoplasmes ou encore poltergeists parfois même incubes ou succubes si nous les considérons de manière maléfique.

La jeune fille eut à son tour un frisson.

À cette observation, Léo la regarda autrement.

Il alla chercher un autre livre, le posa sur la grande table et lu :

- Kali, la Noire est, dans l'hindouisme (une religion des Indes) la déesse du temps, de la mort et de la délivrance, mère destructrice et créatrice.

- Pourquoi nous lis-tu ceci? Demandais-je à Léo.

Il s’adressa au fantôme.

- Parce que je veux t’appeler Kali et plus « le » spectre ou « le » fantôme. Ceci en attendant de connaître ton vrai nom. Cela te plaît-il?

- Oui, Kali, c’est bien, accepta la jeune femme.

Le son de son nouveau nom la satisfit. L’idée d’avoir un nom la satisfit. L’idée de trouver un peu de délivrance à travers la signification de son nom la satisfit.

 

 

OOOO

 

 

Toute la nuit nous avions travaillé.

Au levé du jour, kali s’éclaircit mais ne disparut pas. Elle était plus que jamais attentive à nos lectures.

- Ce livre là dit que pour pouvoir atteindre le repos de l’âme après la mort il faut avoir un nom sur sa tombe, releva Léo.

- On procède comment si on a pas de nom? Demanda Kali

- On a même pas la tombe! Ajoutais-je.

- C’est vrai, réalisa la jeune femme désemparée. Encore quelque chose qu’elle ne savait pas.

Léo toucha un indice du bout du doigt.

- Attends, le livre des morts dit que les assassinés, qui ne supportent en général pas leurs morts l’oublient dans les larmes.

Léo regarda Kali pour estimer la probabilité de meurtre.

- Les larmes quittent leurs corps comme leurs mémoires quittent leurs âmes, jusqu’à ce qu’ils ne savent plus pourquoi ils pleurent, jusqu’à ce qu’ils ne savent même plus qui ils étaient. En fait, seul un témoin du passé peut leur rendre la vérité.

- J’aurais été assassiné! Mais c’est affreux, dit-elle en pleurant de nouveau.

Qu’aurais-je pu faire pour la consoler? Lui frotter le dos? je ne le pouvais. Lui faire un bol de soupe? Non plus. Je ne pouvais que la regarder et chercher sa vie.

- Un témoin, répétais-je.

- Comme par hasard! On en a pas non plus! Ajouta Léo.

- Tu penses qu’elle a été assassinée? Demandais-je au scientifique.

- Vu tout ce qu’elle pleure, pointa le garçon.

Kali se redressa et renifla toutes ses larmes pour les remettre à l’intérieur!

- La situation correspond assez à celle du livre! Le problème c’est qu’ apparemment, elle n’a aucune trace sur le corps qui pourrait nous indiquer comment elle a été tuée, observa Léo.

La fantôme se regarda sous toutes les coutures mais elle ne put voir ce que dissimulait sa chemise blanche qui faisait partie intégrante d’elle.

- Mais les fantômes ne gardent peut être pas de trace, soulevais-je.

- D’après le tome I : le fantôme conserve les lésions de son meurtre.

- Elle a peut-être été empoisonnée? Une autre victime de Morgane, réalisais-je.

- Va pas trop vite, t'enflamme pas Gertrude! Pour le savoir, il faudrait avoir son corps, si compté qu’il soit encore frais! S’il ne reste que les os, les recherches seront restreintes.

- C'est qui cette Morgane? Interrogea Kali.

À ce moment là, Marion déboula dans la bibliothèque comme une furie.

- Nell, tu peux m‘expliquer pourquoi ma merveilleuse petite chatte à un trou dans l‘oreille?

- Je suis désolé je l‘ai loupé, de peu, je sais. Mais, je l’ai loupé, je ferais mieux la prochaine fois! Jurer!

- Ha, cria-t-elle de hargne. Et tu crois que tu vas t’en tirer comme ça.

Je réfléchissais un instant.

- Oui!

- Tu n’es qu’une peste.

- Je te retourne le compliment.

Mais Marion se figea.

- HAAAAAAAAAA! Un fantôme, cria-t-elle en courant vers la sortie.

- Tu vois qu’il n’y a pas que moi qui réagit comme ça, dit Léo. Désolé Kali, dit-il pour rassurer la belle. Nous allons les préparer à vivre mieux la chose.

 

Merlin ne mit pas une minute pour arriver aux portes de la bibliothèque, fermer celle-ci et nous demander des comptes.

- Qu’est-ce que c’est que cette histoire de fantôme? Demanda l’ancien en réagissant qu’il y avait bien un fantôme. C’est pas vrai!

- Si Merlin, dis-je.

- Il faut toujours que vous inventiez de nouvelles intrigues.

- C’est pas de notre faute, Kali est perdue.

- Dans moins de 10 minutes tout le château sera au courant qu’il y a un fantôme alors il va falloir agir promptement.

- Je peux disparaître, proposa Kali.

- Tu peux? Lui demandèrent les vivants.

- Bien sûr!

Victor, François, Baptiste entrèrent avec Marion dans la bibliothèque.

- Où est-il? Imposa Victor.

- Qui? Demanda Merlin.

- Le fantôme, dit Marion cachée derrière son père.

- Il n’y a pas de fantôme ici, jeune fille, dit Merlin l’air amusé.

- Je l’ai vu papa, je te dis que je l’ai vu, implora Marion.

Baptiste fit le tour de la bibliothèque.

- Je ne sens rien mon seigneur, dit le prêtre. S’il y avait eu un spectre, je l’aurais toute de suite senti. Je suis doué pour ces choses. Marion aura rêvé, termina Baptiste.

- Ou abusé du cidre, se moqua Léo en chuchotant.

La revêche ne se démonta pas.

- Nell, je sais ce que j’ai vu et je ne vais pas te lâcher.

- J’adore être attaché Marion, viens me rejoindre cette nuit, provoquais-je.

J’avais outré Baptiste qui signa son torse d’un signe de la croix.

- Marion, nous sortons, appela son père.

Victor parla quelques instants avec Merlin. Celui-ci le rassura et Victor referma les portes derrières lui.

- Vieux débris, il ne sent même pas un fantôme qui lui tourne autour, dit Kali en réapparaissant.

- Encore une boite à bêtises! Constata Merlin.

- Qu’avez-vous dit à Victor? Demandais-je.

- Je lui ai dit que toutes les deux vous aviez tendance à vous chercher des poux et que je me tenais garant de ta bonne conduite. Alors maintenant, vous allez laisser cette Kali en paix et retourner à vos travaux soit pour toi ma petite Nell, la traduction de messages et toi Léo la mise au point des poudres qui ne sont toujours pas d’une efficacité mirifique.

- Je ne veux plus travailler, lâchais-je.

- Et pourquoi donc? Demanda Merlin.

- Ils n’interviennent que sur un quart de mes traductions et j’en ai marre de savoir tous ces gens mourir.

- Tu préfères t’occuper d’un fantôme? Un être déjà mort!

- Oui, affrontai-je.

- Très bien, dit-il en attendant une prochaine offensive. Les morts ne doivent pas rester dans le monde des vivants, imposa Merlin. Aide kali à savoir pourquoi elle est parmi nous, pourquoi elle est revenue d’entre les morts, et moi je l’emmènerais voir la mort pour son repos. Très bientôt, précisa le sage.

- Et comment je fais?

- Tu commences par lui poser des questions.

- Quelles questions? Elle ne connaît même pas son nom?

- Et bien cherche le!

- Comment? Personne ne la cherche!

- Nell, ce n’est pas mon problème, c’est celui de ta revenante et maintenant le tien si tu tiens à l’aider. Mais elle ne doit pas s’éterniser ici. C’est clair?

- Limpide!

Merlin fronça les sourcils.

En sortant, il se dirigea directement dans les appartements de Brice pour comploter mon retour imposé sur les traductions mais à sa grande surprise, Brice considéra que ce n’était pas utile.

 

 

OOOO

 

 

Margot et Yann furent bien les seuls à venir à la bibliothèque après cette rumeur répandue au petit déjeuné : il y avait un fantôme, terrifiant, verdâtre qui vomissait des matières ectoplasmiques sur la table centrale.

- Alors, c’est quoi cette histoire de fantôme, demanda Yann en entrant suivi de la petite.

- Je vous présente Kali, dit fièrement Léo.

- Ho putain! Lâcha Yann dans un pas de recul.

- Elle est belle, admira Marguerite qui vînt s'assoir à coté d'elle pour regarder ses beaux yeux aigue-marine.

- Assieds-toi, invita Léo tout existé à l’idée de voir son frère faire dans son froc!

- Dis-moi ce que tu veux, demandais-je à Yann qui gardait les yeux fixés sur le spectre.

Si elle avait bougé ne serait-ce qu’un orteil, il serait passé sous la table. J’espérai le faire parler pour détendre l’atmosphère mais je ne m'attendais pas à avoir cette conversation.

- J’ai trouvé une conteuse, dit-il.

- Bien, répondis-je. Mais je ne suis pas sûr que les conteuses peuvent lire dans la mémoire des morts.

- Ce n’est pas pour le fantôme, c’est pour toi, précisa-t-il en me regardant cette fois-ci.

Je me braquais de façon incompréhensible face à cette annonce qu’il pensait me ferait sauter de joie. Mon visage rayonnant prit une teinte grisâtre.

- Pourquoi veux-tu que je vois une conteuse?

- Pour qu’elle te dise qui tu es, répondit logiquement Yann.

- Et si je ne veux pas savoir, répondis-je à la surprise général.

- Tout le monde veux savoir, dit Kali.

- Ça c’est mal passé avec Brice? Engagea Yann.

- Je ne suis pas allée le voir.

- Pourquoi? C’était l’occasion d’en savoir plus!

- Il est bizarre, j’ai aucune confiance en lui.

- Nell, c’est le chevalier le plus respecté, c‘est toi-même qui l’a dit. Tu débloques?

- Moi aussi je trouve qu’il est bizarre, commenta Léo.

- Léo, la ferme, dit le grand frère froissé par ma réaction.

- Oublie! Clos-je.

- Quoi? Dit Yann. Et la conteuse que j’ai mis des semaines à trouver, je l’oublie aussi?

- Oui, m’emportais-je. Je m’en fous, tu m’entends? J’arrête de me demander qui je suis et je fais ma vie.

- De quoi tu parles, Nell? T’as toujours voulu savoir qui était ta famille.

- C’est fini. On arrête, plus de conteuses, de parents, rien! Je ne veux plus qu’on en parle.

- Mais Nell? Dit la petite Margot surprise de voir de la colère dans mes yeux.

- Promet moi, imposais-je à Yann. Promettez-moi tous, de ne plus m’en parler.

- Tu as découvert qui sont tes parents, affirma Léo. Et tu ne veux pas nous dire qui ils sont.

- Non, tais toi, je ne veux plus qu’on en parle.

- Dis nous ce que tu sais, nous te promettons de ne pas te juger, engagea de nouveau Léo.

- Je ne sais pas! Je ne sais rien, répétais-je en associant toute la gestuelle du « je ne sais rien ». Je ne veux rien savoir.

- Tu vas m'aider à trouver qui je suis et toi même tu ne veux pas savoir qui tu es? Résuma Kali.

- Pourquoi tu renonces? Interrogea Yann.

- On n’avance plus, avouais-je désespérée.

- Nell, tu trembles! Constata Margot en me passant une main réconfortante dans les cheveux.

- C’est rien, c’est rien Margot, tentai-je de la rassurer avec un sourire peu convainquant.

- Parle! Imposa Yann qui sentait bien qu’il se tramait une histoire derrière tout ça.

- Non.

Je quittais la table.

 

Les uns après les autres, ils étaient venus me voir dans ma chambre pour s’excuser. Ils ne comprenaient toujours pas mon acharnement à ne plus vouloir savoir mais ils avaient pris le parti de l’accepter.

En même temps, comment j’aurais pu leur expliquer quelque chose que moi-même je n’arrivais pas à comprendre.

 

 

OOOO

 

 

Merlin avait bien dû s’y faire, nous ne trouvions rien sur Kali et elle s’éternisait avec nous.

Mais une nuit, le 11 juin 1253, à 4h, le linge fluide recouvrant le corps vaporeux de la jeune femme se recouvrit de sang. Elle saigna sur le bas ventre et ce chaque année à la même date.

Ces jours là, elle pouvait soulever sa chemise pour voir son ventre ouvert d’une entaille allant de son estomac à l’os du pelvis. Cependant, d’après Léo, cette longue ouverture avait été faite post mortem mais relativement tôt dans la mort, sinon, elle n’aurait pas saigné autant.

Cette entaille n’était pas la cause de la mort, Kali n’avait pas non plus été étranglée ou frappée mais cette entaille était le signe qu’on lui avait retiré quelque chose des entrailles. L’illusion fantomatique du sang, issu de l’inconscient du fantôme été là pour lui poser une énigme supplémentaire. Qu’avait Kali dans son ventre qui lui avait peut-être valu la mort?

 

 

 

 

Par Angelique E Mahé - Publié dans : Textes du livre - Communauté : Fantasy et science-fiction
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 10:34

 

OOOO

 

 

J’étais dans ma chambre quand le sol se mis à frémir.

J’entrais dans la chambre de Yann, la sensation y était plus forte.

- Tu entends ce bruit?

Me regardant à la porte il répondit :

- Oui!

Il sauta de son lit vers la fenêtre.

Ses cheveux d’un noir ébène avait poussé cachant presque ses yeux bleus nuit couronnés de longs cils. Ce jeune homme avait maintenant 18 ans et les entraînements de son père lui avaient donné une belle carrure. Au sortir de l’hiver, sa peau avait la blancheur de la neige et la fraîcheur du matin lui donna une belle tonicité. J’avais 15 ans et je le trouvai beau.

Le tremblement était plus perceptible et un son de percussion vînt de l’extérieur.

Il s’amplifiait.

- Viens voir.

Je me penchais à la fenêtre, les planches du pont-levis vibraient.

- Regarde, pointa Yann. Un nuage approche.

- C’est l’orage? Demanda Margot en passant la tête dans l’entrebâillement.

- Non, c’est une troupe de cavaliers, dit Yann en allant s’habiller.

Il quitta la chambre, le bruit lourd de ses bottes résonnèrent dans le couloir. Effectivement une troupe de cents cavaliers arrivaient sur le chemin-frontière qui venait de l’érèbe.

La grande cloche sonna, les cornes des gardes retentirent, le premier cavalier de la troupe lancée au galop répondit de la sienne.

La herse se souleva.

Dans une nuée de poussières, ils vinrent occuper la grande cour. Le meneur avait un magnifique étalon Frison noir.

Je rejoignais Yann avec Margot au pied de la tour.

- C’est lui! Dit Yann.

- Qui? Demandais-je.

- Brice de Kerdasclémon.

La peau de lion qu’il avait sur le dos faisait toute de suite grande impression, son sourire carnassier lui donnait une prestance noble et conquérante.

Victor descendit du donjon pour l’accueillir, toute la cour vînt à leur rencontre.

Ces cavaliers venaient des autres châteaux mais pour beaucoup ils étaient des frères, des cousins, des fils d’habitants de notre château.

Nous rejoignîmes Louise et Clément qui faisaient l’inventaire de la commande du jour.

Cet inventaire de tous les matins était une tradition pour eux. Elle pointait tous ce qu’elle avait commandé à l’agriculteur même si elle savait qu’il n’oubliait jamais rien. C’était leur moment à eux. Clément étant trop timide pour demander de son temps à Louise, la dame s’était fait de ces inventaires des moments intimes où l’un à coté de l’autre ils revoyaient toute la commande, du demi bœuf à la pincée de sel. Le visage de Clément était toujours rayonnant, dés-embrumé, serein mais il préférait se satisfaire de ces moments plutôt que d’entendre un « non » de la bouche de celle qu’il aimait profondément.

- Il est beau, dit Louise impressionnée par l’allure de Brice de Kerdasclémon.

- Comme un ange, laissa échapper une fois de plus Isabel qui se positionna avec nous.

- Il a une gueule d’ange mais c’est bien tout ce qu’il a d’angélique, jugea Clément qui s’était retourné vers le chevalier.

- Tu le connais? Demandais-je au paysan.

- Je connais la noirceur de son père, répondit-il. Regarde les cicatrices qu’il a sur les bras, c’est de la propre main de celui-ci. Gwen, son frère a d’immenses brûlures. On dit même qu’il a laissé Hugo, un autre fils, là bas au fond, avec la peau de loup gris, pointa Clément. Il l’aurait laissé dans la cage d’un ours. Hugo a une morsure sur le mollet et une griffure sur le haut d’une épaule.

Brice descendu de cheval parla de façon affirmée et familière à notre seigneur :

- C’est officiel Victor, le retour de la torture au sein de l’Inquisition a été avérée.

- Mon dieu! Dit le seigneur consterné. Mes chevaliers Victoriens sont là pour vous porter main forte.

- Si cela n’était pas trop demander nous souhaiterions nous établir dans votre château. C’est le plus proche de la frontière et les nôtres vont bientôt affluer.

- Il dépend de l’impact de cette annonce, précisa Victor. Mais mon château est vôtre.

- Je vous propose de faire une réunion avec les Seigneurs et Dame de Ten. Mon père souhaite aussi venir.

- Ton père est toujours la bienvenue ainsi que toi et tes frères, dit Victor. Je vais demander à Eval notre télépathe de convier tout le monde et je vous invite à vous installer dans les donjons, convia le seigneur.

La destruction du donjon principal n’avait plus vie. La structure avait été réparée et était plus belle que jamais. La serre avait été reconstruite deux fois plus grande avec balcons et terrasse couverte. Victor avait fait venir des milliers de plantes que Milo avait acheminé une par une par son passage temporel. Les ouvertures des derniers étages avaient été équipés de fenêtres d’un autre temps avec une technologie que Milo avait dû enseigner à notre Seigneur et tous ceux vivants, utilisant et nettoyant ces choses venues du futur. Le combiné verre, bois, pierre avait été conservé malgré les risques d’incendie mais la réserve personnelle de livre de Victor avait été installée dans la tour sud avec les prisonniers, dans une geôle aussi fermée de trois portes et aussi profonde que celle de Morgane. Victor voulait écarter définitivement le reste de son contenu de possibles visites.

 

- Il faut s’attendre à voir le clan profité de cette pagaille, commenta Clément en déchargeant les caisses de poissons de ce vendredi.

 

 

OOOO

 

 

Nous rentrâmes dans la bibliothèque, lieu ultime et perpétuel de réflexion. Yann se laissa tomber dans un fauteuil Club et me fixa perdu dans ses pensées.

- Comment ça va se passer maintenant? Lui demandais-je.

- Ils vont s’organiser par pouvoir pour effectuer différentes missions. Les télépathes vont capter les activités à l’extérieur de la frontière. Quelques animes ont le projet de réveiller la frontière pour avoir une surveillance permanente. Les réparateurs protégés des plus valeureux combattants vont s’organiser en petits groupes d’interventions pour faire d’éventuelles évacuations vers Ten. Les deux eves vont peut-être nous rejoindre.

- Je ne voudrais pas paraître sans cœur mais, pourquoi Ten se sent aussi investi de protéger les hommes? Après tout j’ai grandi, maintenant je sais qu’ils nous tuent.

Léo arriva derrière moi, il avait son air triste. Je pense que sa mère errait dans son esprit. Lui aussi il s’assit, rassembla ses jambes dans ses bras et posa sa tête sur ses genoux.

- La légende de Ten dit que Dieu et Diable ont créé les hommes. Dieu était satisfait de cet être à leur image mais le Diable n’y vit que défauts et menaces pour le monde qu’ils avaient élaboré ensemble bien avant l’homme, raconta Léo. Le diable entreprit la destruction de l’homme, Dieu mit en place sa protection. Pour cela il créa une espèce humanoïde supérieure qui veilleraient sur lui : les éréals. Pour contrer son ancien compagnon, le diable enferma ce peuple dans l’espace de Ten et les priva de leurs pouvoirs à l’extérieur des limites de ce nouveau territoire. Dès lors la protection des hommes ne pourrait se faire que sur les frontières entre Ten et érèbe, Dieu et Diable gardant libre activité de protéger et détruire les hommes au-delà des limites.

- Alors, notre raison d’être est protéger les hommes, réalisais-je.

- Oui, répondit Margot qui s’installa dans le grand Club de sa mère.

- Mais tout n’est pas si simple puisque finalement, quelques éréals prennent le risque de vivre du coté des hommes et quelques autres sont passés du coté de l’ennemi diabolique, commenta Yann.

- Comme le Clan, dis-je.

- Comme le Clan, confirma Merlin qui s’était introduit dans la conversation.

- Merlin! Dis-je surprise.

- Toujours entrain de comploter les enfants, dit étonnement gentiment le vieil homme.

Je le regardais d’un air dubitatif qu’il capta tout de suite. Merlin ne pouvait accepter que nous complotions. Si Merlin acceptait cela ce n’était plus Merlin!

- Je ne peux donc pas plaisanter, Nell? Demanda l’ancien.

- Nous n’avez jamais plaisanté au sujet de nos manigances, Merlin.

- Depuis que nous savons que Morgane a potentiellement son pouvoir j’ai besoin de tous vos yeux et vos oreilles pour protéger Ten et ce particulièrement maintenant que tous les regards vont être tournés vers une érèbe fragile.

Avec une érèbe en danger, Ten était distraite, une occasion pour le clan de prendre le pouvoir.

- J’ai un plan, nous convia celui qui toute notre vie avait tenté de nous détourner de nos plans.

 

 

OOOO

 

 

Merlin nous avait placé au sein de cette équipe. Il avait su mettre en avant nos talents et les vendre auprès des chevaliers chargés de la surveillance de l’érèbe. Victor n’avait pas vu cela d’un très bonne œil, connaissant bien nos tendances à fouiner, mais il n’avait pu s’interposer bien obliger de constater que nos compétences pouvaient se révéler utiles.

Léo travaillait sur la fabrication d’une poudre d’invisibilité qui serait efficace de l’autre coté et une autre qui pourrait activer temporairement les pouvoirs des éréals au-delà de la frontière.

Margot avait tenté plusieurs fois de traverser celle-ci dans différents corps d’animaux mais elle était toujours rejetée dans de violents courants électriques. On espérait qu’elle pourrait espionner le camp des hommes sous des formes discrètes mais il avait fallu se rendre à l’évidence et abandonner cette option.

Tous les jours, Yann approvisionnaient l’armurerie du château de nouvelles armes sans oublier de laisser traîner une oreille dans cet antre de chevaliers, Margot en faisant autant sous sa forme mouche.

Brice de Kerdasclémon gérant l’équipe de télépathes, m’avait accueillie avec nécessité au sein de ses rangs pour traduire les messages relevés dans les nombreux dialectes extérieurs. J’avais permis plusieurs interventions de sauvetage au niveau de la frontière. J’étais au premier plan pour surveiller l’activité de l’érèbe mais au plus loin pour surveiller les activités du Clan au sein de Ten.

 

Ce matin là, j’avais passé la nuit à traduire des prises d’informations des télépathes et une mission plus loin dans les terres des hommes se présentait.

- Quels sont les nouvelles? Me demanda Brice au levé du jour.

Je me tapotais légèrement les joues pour me redonner un peu d’élan.

Mon annonce serait-elle ou une fois de plus ne serait-elle pas prise en compte? Une altercation aux tournures étranges allait éclater.

- Un petit village à une heure de la frontière a fait arrêter trois femmes, elles passeront le supplice de l’eau demain matin. Elles sont condamnées.

- Une heure! Je ne sais pas si c’est très prudent.

Il fallait tenter quelque chose, et la « une fois de plus » non prise de risque de Brice me rendit désagréable.

Je n’aimais pas spécialement cet homme. Plusieurs fois nous avions perdu des hommes et des femmes par son manque d’altruisme même si je le savais avant tout mesuré.

- Parce qu’elles sont « trop loin » vous n’allez pas intervenir? Provoquais-je.

Il posa ses deux mains sur la table. Ses cicatrices étaient profondes, je pouvais voir des boursouflures entrecoupées par d’autres séries de coups.

- Je dois évaluer les chances de ses femmes et celles de nos troupes, expliqua le chevalier.

- Ou vous adapter.

- Je ne peux pas intervenir au péril de mes chevaliers.

- Êtes-vous seigneur pour parler de « vos » chevaliers?

J’allais trop loin, ce caractère n'était pas mien.

Il garda son calme.

- Les chevaliers ne se doivent-ils pas d’être courageux? Ajoutais-je.

- Mais pas inconscient.

- Alors audacieux?

- Comment? Termina Brice.

- C’est vous le chevalier.

- Faites moi une proposition, s’amusa-t-il.

Un reflet bleuté traversa ses iris verts.

- La poudre de Léo est peut-être concluante.

- Une mission ne se base pas sur des peut-être. Cette poudre doit être concluante si l’on veut l’intégrer à un sauvetage. Faites venir Léo, accorda Brice.

 

Le demi-troll entra dans les appartements de Brice.

Le chevalier s’assit pour mieux l’observer.

- Votre poudre d’invisibilité est-elle ou n’est-elle pas prête? Demanda-t-il.

- Elle est prête mais de temps limité, expliqua Léo.

Il était tendu. Devant Brice il était sombre, surprenant pour ce personnage toujours jovial. Il le regardait droit dans les yeux et semblait encore plus attentif au son de sa voix.

- Combien de temps?

- 10 minutes.

- C’est trop peu pour intervenir, clôt Brice.

- 10 minutes, c’est suffisant pour les libérer, signalais-je.

- Et pour les emmener à l’abri? Pour les déplacer dans un autre secteur et pour assurer la sécurité des intervenants? Raisonna Brice.

- Si vous n’intervenez pas, je le ferais.

- Damoiselle, vous manquez de sommeil.

- Non, je n’accepte pas que l’on baisse les bras aussi facilement.

Brice regarda ses bras mutilés en souriant puis me fixa droit dans les yeux.

- Tu es trop sûr de toi, cela pourrait te porter préjudice.

- Qui s’en soucis?

- Je connais cette fougue, dit-il en se levant.

Plus tard, je compris que ce n'était pas ma fougue qu'il avait vu mais la colère de Maël.

- Allez vous intervenir? Relançais-je.

- Je connais ces yeux, dit-il. Qui-es tu jeune fille? Dit-il en se rapprochant.

- Vous savez qui je suis? Reculais-je en regardant ses yeux pénétrants. Ils avaient une pointe de violence, quelque chose d’indomptable, d’effrayant, de froid.

- D‘où viens-tu? Dit-il en m’attrapant le bras. Qui est ta famille?

Léo s’interposa. La pression de sa main était trop forte.

- Brice, lâchez-la, imposa-t-il.

Le chevalier se radoucit.

- Je ne sais pas, avouais-je en récupérant mon bras.

- Et bien moi je pense savoir qui ils sont, dit-il en me regardant plus profondément dans les yeux.

- Comment? Demandais-je crédule.

- Une intuition, noya Brice dans un froncement de sourcils.

- Nell, viens te coucher, m’attira Léo qui n’aimait pas le regard que Brice me portait.

Il prit ma main, croisa ses doigts avec les miens pour être bien sûr que j’allais le suivre.

- Je dois aller voir mon père, je reviendrai avec des réponses, dit Brice avec assurance.

- Merci, dis-je en sortant.

Léo ne lâchait plus ma main, il avait peur pour moi.

- Il a reconnu mes yeux! Dis-je dans les couloirs.

- Tu l’ennuyais, il a détourné la conversation, maugréa Léo.

- Tu te rends compte? Il a reconnu mes yeux.

- Nell, dit Léo en me prenant le visage. Tu es fatiguée, il a voulu se débarrasser de toi parce qu’il ne voulait pas intervenir sur cette mission. Il a trouvé le moyen de détourner ton attention.

- Mais il a reconnu mes yeux, Léo.

- Nell! S’il te plait, ouvre les yeux. Il n’aime juste pas qu’on se mette en travers de ses décisions.

Je pris son visage entre mes mains à mon tour en lui écrasant légèrement les joues.

- Je te dis qu’il a reconnu mes yeux.

- Il est pas net ce gars, Nell.

- Léo, c’est le chevalier, le plus respecté, le champion!

- S’il te plait, n’écoute pas tout ce qu’il te dit.

- D’accord, dis-je en relâchant mon étreinte.

- Va dormir!

- D’accord!

 

 

OOOO

 

 

J’avais à peine fermé les yeux que le sommeil était venu, un sommeil charger de cauchemars.

Je voyais la poudre de Morgane faire vomir toutes ses victimes, des chiens aux yeux rouges sang déchiqueter des corps encore vivants, agonisant. Une ombre noir flottait, le visage dissimulé par un masque blanc aux traits d’enfant. J’entendais de nouveau cette voix, la voix qui me demandait : « où sont-elles? ».

Des chevaux me piétinaient alors qu’elle ne cessait de m’imposer sa question sans réponse : « où sont-elles? ».

Je me réveillais en sursaut.

- Je ne sais pas, criais-je.

Les miaulements insupportables d’un chat prirent le relais des hurlements de mon rêve.

Je me levais, prenais mon arc et visais l’extérieur d’une flèche tranchante.

- Maudit chat!

Yann entra dans ma chambre.

- Qu’est-ce que tu fais, m’interrompit le jeune homme.

- Je chasse!

- Quoi? Qu’est-ce que tu chasses, Nell?

- Le chat.

- Le chat? Demanda-t-il en se penchant à la fenêtre.

Il prit mon arc quand il vit de quel chat je parlais.

- Tu sais bien que tu ne peux pas chasser ce chat là!

- Quel chat? Dis-je innocemment.

- Tu sais très bien de quel chat je te parle, raisonna Yann. Cunégonde, la chatte de Marion, la fille du grand administrateur.

- Sous prétexte que ce chat a une fille de personne influente comme maîtresse, je devrais le laisser gâcher ma sieste.

- Si tu ne veux pas avoir de problème, oui!

- Et qu’est-ce que je risque pour avoir malencontreusement abîmé un chat, tu crois? Demandais-je avec mes yeux devenus charmeurs.

- Une nuit en cellule, pas de dessert, énuméra le jeune homme amusé. D’être consignée dans ta chambre, un entraînement avec mon père ou moi.

- Je préfère avec toi! Accordais-je.

Il était flatté.

Je l’avais toujours en jouant sur son égo.

Je visais de nouveau le chat.

Il passa son bras autour de mon cou et me retira l’arc des mains. Il m’assit sur mon lit et engagea la conversation pour me détourner de mon objectif.

- Dis-moi tout. Brice t’aurait proposé de t’éclairer sur tes parents?

- Oui, m’enthousiasmais-je. Il m’a dit que mes yeux lui faisaient penser à quelqu’un et qu’il reviendrait avec des réponses.

- Brice connaît beaucoup de monde et il est apprécié, il pourrait bien connaître ta famille.

- Ha! Dis-je soulagée. Enfin! Léo ne voyait dans cette proposition que de mauvaises intentions.

- Léo n’aime pas Brice, c’est physique, commenta Yann. Je suis sûr que c’est prometteur.

- J’espère, dis-je en me blottissant contre lui.

Il referma ses bras sur moi et me remplit de promesses.

 

Par Angelique E Mahé - Publié dans : Textes du livre - Communauté : Communauté de lecteurs de Science Fiction, Fantasy, Fantastique
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