Ne pleure pas…
Chapitre XXIX
Encore un cauchemar.
La nausée et un mal de tête violant ne me quittait pas.
La chaleur de l'été était étouffante.
Mon lit s’enfonçait dans le sol.
J’entendais quelqu’un pleurer.
J’entendais encore ce chat.
Des claquements de sabot résonnaient dans ma tête.
« Où sont-elle? »
Je me réveillais en sueur.
J’entendis une fois encore des pleurs de jeune femme puis encore ce maudit chat.
Je versais de l’eau sur ma tête.
Le visage dégoulinant, je prenais mon arc, l’armais d’une flèche et visais l’œil globuleux de la chatte en chaleur qui me réveillait toutes les nuits depuis une quinzaine.
Les mains moites, le regard embrumé, je tendais la corde mais quelque chose me distrait.
Le corps endormi, ma main relaissa la flèche sur la chatte alors que mon attention se concentrait sur des pleurs.
Il y avait bien une jeune fille qui pleurait.
La flèche toucha le chat qui roula le long du toit dans des miaulements d’agonie qui ne parurent pas plus inhabituels que les autres puisque personne n’y prêta attention.
Au puits de l’orée du bois, il y avait une jeune fille qui pleurait.
Au moyen d’une corde à nœuds toujours dissimulée sous mon lit, je sortais de ma chambre par la fenêtre pour aller à la rencontre de cette jeune fille.
Alors que je m’approchais d’elle, je ne vis que sa tristesse. Ses longs sanglots me fendaient le cœur et je me sentis investie.
Elle avait de longs cheveux blonds, des longues mains de musicienne, une robe blanche légère, de celle qu’ont les dames pour dormir dans de luxueux lits à baldaquins.
La tête dans les mains, je ne vis pas tout de suite son visage mais elle devait être jeune, peut-être mon âge, peut-être un peu plus.
- Damoiselle?
Elle releva un visage larmoyant.
Sa peau, ses yeux, tous étaient de nuances blanc bleuté presque transparent. Elle était belle comme un ange.
- Pourquoi pleurez-vous?
Elle me regarda l’air égaré.
Tentant de calmer ses suffocations, elle me dit :
- Je ne sais pas.
- Vous êtes seule?
Elle regarda autour d’elle.
- Apparemment! Dit-elle tristement. Personne ne semble se soucier de ma personne.
- D’où venez vous?
- Je ne sais pas! Dit-elle une nouvelle fois.
On aurait dit le regard d’un animal perdu, blessé.
Ses larmes se remirent à couler.
Je tendais ma main pour essuyer les larmes mais je ne pus.
Elle se figea, réalisant la même chose que moi. Un léger rayonnement bleuté l’enveloppait.
- Je suis morte, mon dieu, je suis morte!
La voyant plus paniquée que moi, la peur du fantôme n’eut pas le temps de m’envahir.
- Vous me connaissez? Me demanda-t-elle.
- Non! Lui répondis-je.
- Depuis combien de temps, suis-je…
Elle ne put le redire.
- Je ne sais pas damoiselle, c’est la première fois que je vous vois.
- Je ne me souviens de rien…
- Votre nom, peut-être?
- Non! Dit-elle en tentant de réfléchir.
- Un souvenir de quelques sortes?
- Pas le moindre, réalisa-t-elle.
Elle s’aguerrit.
- Me cherche-t-on?
- Non, damoiselle, lui dis-je le visage contrit. On ne cherche personne.
OOOO
- HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!
Il reprit :
- HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!
Je couvrais la bouche de Léo.
- Oui, c’est un fantôme, lui confirmais-je.
Il retira ma main, les yeux écarquillés.
- Il, il…
Il regarda autour de lui.
- Elle. Et oui, « elle » est dans « ta » chambre, lui confirmais-je.
- Et et…
- Je lui ai parlée?
Il opina du chef.
- Oui, je lui ai parlée.
- Et elle part quand? S’inquiéta Léo.
- Elle va rester.
- Dans ma chambre? Paniqua Léo.
Je regardais un instant l’esprit.
- Pas dans « ta » chambre, mais au moins avec nous.
Il fixa le spectre.
Il papillonna des yeux pensant que son rêve était trop réel.
- Tu penses que je vais bientôt me réveillé et arrêter de te voir dans « ma » chambre?
La spectre hésita.
- Non, dit-elle désolée.
- Elle me parle, le fantôme me parle! S’étonna Léo. Ce rêve est vraiment très…
Je mis un claque à ce mou du genou.
C’était plus simple pour lui de voir cette jeune femme d’un point de vue onirique plutôt que réel.
- Léo, réveille toi. Tu ne rêves pas, elle est là.
Il me regarda ahuri.
Voyant arriver la jumelle de sa première gifle, il réagit.
- Oui, d’accord, il y a un esprit dans ma chambre. Apparemment elle va rester avec nous, jusqu’à quand je ne sais pas, grimaça-t-il dans une expression d’inconnu.
- Jusqu’à ce qu’on sache qui elle est.
- Jusqu’à ce qu’on sache qui elle est, répéta Léo.
Il réagit.
- Elle ne sait pas qui elle est?
L’instinct d’enquêteur de Léo se réveilla.
La jeune femme se remise à pleurer.
- Excusez-le, rattrapais-je.
- Désolé, désolé fantôme, lui dit-il.
Il se retourna vers moi.
- Elle ne sait pas qui elle est et nous devons le savoir pour qu‘elle quitte ma chambre.
- Léo!
- La bibliothèque.
- La bibliothèque?
- Il y a des ouvrages sur les fantômes, cela pouvait nous aider à comprendre ce qu’est réellement un spectre et l’aider à se rappeler et faire qu’elle préfère rentrer chez elle plutôt qu’elle élise domicile dans ma chambre.
- Léo! Rabrouais-je mêlé d’un taquet derrière sa tête de mule.
- Aïe! Oui, la spectre reste avec nous mais pas dans ma chambre, j’ai compris, c’est bon.
Il regarda une fois de plus le fantôme.
Se levant de son lit, il réalisa que c’était une formidable expérience pour un scientifique. Il lui tendit la main :
- Ravi de vous connaître, dame fantôme, c’est un honneur pour moi de vous côtoyez.
- Pardonnez-moi, mais je ne pourrais pas vous rendre votre poignée de main.
- Ha oui, désolé, réalisa le garçon.
- Si nous allions à la bibliothèque, enchaînais-je.
- Oui, répondirent en cœur le scientifique et le fantôme.
OOOO
La nuit était calme. Pour une fois, Rasmus n’avait pas élu domicile dans la bibliothèque et la grande salle s’offrit toute entière à nos recherches.
- Dans cet ouvrage on peut lire : Un fantôme est la manifestation de l’esprit d’un mort. Cet esprit resté prisonnier du monde de l’en-deçà, n’a pas accédé au monde de l’au-delà. Les raisons de cette non-accession à l’autre monde peuvent être diverses : soit l’esprit a le dessein d’accomplir une vengeance soit, il souhaite aider des proches soit, il est condamné à errer éternellement dans nos mondes en punition de ses mauvaises actions passées.
Léo eut un frisson.
Je pris la suite de la lecture.
- Les fantômes sont aussi appelés spectres, revenants, esprits, lémures, apparitions, ectoplasmes ou encore poltergeists parfois même incubes ou succubes si nous les considérons de manière maléfique.
La jeune fille eut à son tour un frisson.
À cette observation, Léo la regarda autrement.
Il alla chercher un autre livre, le posa sur la grande table et lu :
- Kali, la Noire est, dans l'hindouisme (une religion des Indes) la déesse du temps, de la mort et de la délivrance, mère destructrice et créatrice.
- Pourquoi nous lis-tu ceci? Demandais-je à Léo.
Il s’adressa au fantôme.
- Parce que je veux t’appeler Kali et plus « le » spectre ou « le » fantôme. Ceci en attendant de connaître ton vrai nom. Cela te plaît-il?
- Oui, Kali, c’est bien, accepta la jeune femme.
Le son de son nouveau nom la satisfit. L’idée d’avoir un nom la satisfit. L’idée de trouver un peu de délivrance à travers la signification de son nom la satisfit.
OOOO
Toute la nuit nous avions travaillé.
Au levé du jour, kali s’éclaircit mais ne disparut pas. Elle était plus que jamais attentive à nos lectures.
- Ce livre là dit que pour pouvoir atteindre le repos de l’âme après la mort il faut avoir un nom sur sa tombe, releva Léo.
- On procède comment si on a pas de nom? Demanda Kali
- On a même pas la tombe! Ajoutais-je.
- C’est vrai, réalisa la jeune femme désemparée. Encore quelque chose qu’elle ne savait pas.
Léo toucha un indice du bout du doigt.
- Attends, le livre des morts dit que les assassinés, qui ne supportent en général pas leurs morts l’oublient dans les larmes.
Léo regarda Kali pour estimer la probabilité de meurtre.
- Les larmes quittent leurs corps comme leurs mémoires quittent leurs âmes, jusqu’à ce qu’ils ne savent plus pourquoi ils pleurent, jusqu’à ce qu’ils ne savent même plus qui ils étaient. En fait, seul un témoin du passé peut leur rendre la vérité.
- J’aurais été assassiné! Mais c’est affreux, dit-elle en pleurant de nouveau.
Qu’aurais-je pu faire pour la consoler? Lui frotter le dos? je ne le pouvais. Lui faire un bol de soupe? Non plus. Je ne pouvais que la regarder et chercher sa vie.
- Un témoin, répétais-je.
- Comme par hasard! On en a pas non plus! Ajouta Léo.
- Tu penses qu’elle a été assassinée? Demandais-je au scientifique.
- Vu tout ce qu’elle pleure, pointa le garçon.
Kali se redressa et renifla toutes ses larmes pour les remettre à l’intérieur!
- La situation correspond assez à celle du livre! Le problème c’est qu’ apparemment, elle n’a aucune trace sur le corps qui pourrait nous indiquer comment elle a été tuée, observa Léo.
La fantôme se regarda sous toutes les coutures mais elle ne put voir ce que dissimulait sa chemise blanche qui faisait partie intégrante d’elle.
- Mais les fantômes ne gardent peut être pas de trace, soulevais-je.
- D’après le tome I : le fantôme conserve les lésions de son meurtre.
- Elle a peut-être été empoisonnée? Une autre victime de Morgane, réalisais-je.
- Va pas trop vite, t'enflamme pas Gertrude! Pour le savoir, il faudrait avoir son corps, si compté qu’il soit encore frais! S’il ne reste que les os, les recherches seront restreintes.
- C'est qui cette Morgane? Interrogea Kali.
À ce moment là, Marion déboula dans la bibliothèque comme une furie.
- Nell, tu peux m‘expliquer pourquoi ma merveilleuse petite chatte à un trou dans l‘oreille?
- Je suis désolé je l‘ai loupé, de peu, je sais. Mais, je l’ai loupé, je ferais mieux la prochaine fois! Jurer!
- Ha, cria-t-elle de hargne. Et tu crois que tu vas t’en tirer comme ça.
Je réfléchissais un instant.
- Oui!
- Tu n’es qu’une peste.
- Je te retourne le compliment.
Mais Marion se figea.
- HAAAAAAAAAA! Un fantôme, cria-t-elle en courant vers la sortie.
- Tu vois qu’il n’y a pas que moi qui réagit comme ça, dit Léo. Désolé Kali, dit-il pour rassurer la belle. Nous allons les préparer à vivre mieux la chose.
Merlin ne mit pas une minute pour arriver aux portes de la bibliothèque, fermer celle-ci et nous demander des comptes.
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire de fantôme? Demanda l’ancien en réagissant qu’il y avait bien un fantôme. C’est pas vrai!
- Si Merlin, dis-je.
- Il faut toujours que vous inventiez de nouvelles intrigues.
- C’est pas de notre faute, Kali est perdue.
- Dans moins de 10 minutes tout le château sera au courant qu’il y a un fantôme alors il va falloir agir promptement.
- Je peux disparaître, proposa Kali.
- Tu peux? Lui demandèrent les vivants.
- Bien sûr!
Victor, François, Baptiste entrèrent avec Marion dans la bibliothèque.
- Où est-il? Imposa Victor.
- Qui? Demanda Merlin.
- Le fantôme, dit Marion cachée derrière son père.
- Il n’y a pas de fantôme ici, jeune fille, dit Merlin l’air amusé.
- Je l’ai vu papa, je te dis que je l’ai vu, implora Marion.
Baptiste fit le tour de la bibliothèque.
- Je ne sens rien mon seigneur, dit le prêtre. S’il y avait eu un spectre, je l’aurais toute de suite senti. Je suis doué pour ces choses. Marion aura rêvé, termina Baptiste.
- Ou abusé du cidre, se moqua Léo en chuchotant.
La revêche ne se démonta pas.
- Nell, je sais ce que j’ai vu et je ne vais pas te lâcher.
- J’adore être attaché Marion, viens me rejoindre cette nuit, provoquais-je.
J’avais outré Baptiste qui signa son torse d’un signe de la croix.
- Marion, nous sortons, appela son père.
Victor parla quelques instants avec Merlin. Celui-ci le rassura et Victor referma les portes derrières lui.
- Vieux débris, il ne sent même pas un fantôme qui lui tourne autour, dit Kali en réapparaissant.
- Encore une boite à bêtises! Constata Merlin.
- Qu’avez-vous dit à Victor? Demandais-je.
- Je lui ai dit que toutes les deux vous aviez tendance à vous chercher des poux et que je me tenais garant de ta bonne conduite. Alors maintenant, vous allez laisser cette Kali en paix et retourner à vos travaux soit pour toi ma petite Nell, la traduction de messages et toi Léo la mise au point des poudres qui ne sont toujours pas d’une efficacité mirifique.
- Je ne veux plus travailler, lâchais-je.
- Et pourquoi donc? Demanda Merlin.
- Ils n’interviennent que sur un quart de mes traductions et j’en ai marre de savoir tous ces gens mourir.
- Tu préfères t’occuper d’un fantôme? Un être déjà mort!
- Oui, affrontai-je.
- Très bien, dit-il en attendant une prochaine offensive. Les morts ne doivent pas rester dans le monde des vivants, imposa Merlin. Aide kali à savoir pourquoi elle est parmi nous, pourquoi elle est revenue d’entre les morts, et moi je l’emmènerais voir la mort pour son repos. Très bientôt, précisa le sage.
- Et comment je fais?
- Tu commences par lui poser des questions.
- Quelles questions? Elle ne connaît même pas son nom?
- Et bien cherche le!
- Comment? Personne ne la cherche!
- Nell, ce n’est pas mon problème, c’est celui de ta revenante et maintenant le tien si tu tiens à l’aider. Mais elle ne doit pas s’éterniser ici. C’est clair?
- Limpide!
Merlin fronça les sourcils.
En sortant, il se dirigea directement dans les appartements de Brice pour comploter mon retour imposé sur les traductions mais à sa grande surprise, Brice considéra que ce n’était pas utile.
OOOO
Margot et Yann furent bien les seuls à venir à la bibliothèque après cette rumeur répandue au petit déjeuné : il y avait un fantôme, terrifiant, verdâtre qui vomissait des matières ectoplasmiques sur la table centrale.
- Alors, c’est quoi cette histoire de fantôme, demanda Yann en entrant suivi de la petite.
- Je vous présente Kali, dit fièrement Léo.
- Ho putain! Lâcha Yann dans un pas de recul.
- Elle est belle, admira Marguerite qui vînt s'assoir à coté d'elle pour regarder ses beaux yeux aigue-marine.
- Assieds-toi, invita Léo tout existé à l’idée de voir son frère faire dans son froc!
- Dis-moi ce que tu veux, demandais-je à Yann qui gardait les yeux fixés sur le spectre.
Si elle avait bougé ne serait-ce qu’un orteil, il serait passé sous la table. J’espérai le faire parler pour détendre l’atmosphère mais je ne m'attendais pas à avoir cette conversation.
- J’ai trouvé une conteuse, dit-il.
- Bien, répondis-je. Mais je ne suis pas sûr que les conteuses peuvent lire dans la mémoire des morts.
- Ce n’est pas pour le fantôme, c’est pour toi, précisa-t-il en me regardant cette fois-ci.
Je me braquais de façon incompréhensible face à cette annonce qu’il pensait me ferait sauter de joie. Mon visage rayonnant prit une teinte grisâtre.
- Pourquoi veux-tu que je vois une conteuse?
- Pour qu’elle te dise qui tu es, répondit logiquement Yann.
- Et si je ne veux pas savoir, répondis-je à la surprise général.
- Tout le monde veux savoir, dit Kali.
- Ça c’est mal passé avec Brice? Engagea Yann.
- Je ne suis pas allée le voir.
- Pourquoi? C’était l’occasion d’en savoir plus!
- Il est bizarre, j’ai aucune confiance en lui.
- Nell, c’est le chevalier le plus respecté, c‘est toi-même qui l’a dit. Tu débloques?
- Moi aussi je trouve qu’il est bizarre, commenta Léo.
- Léo, la ferme, dit le grand frère froissé par ma réaction.
- Oublie! Clos-je.
- Quoi? Dit Yann. Et la conteuse que j’ai mis des semaines à trouver, je l’oublie aussi?
- Oui, m’emportais-je. Je m’en fous, tu m’entends? J’arrête de me demander qui je suis et je fais ma vie.
- De quoi tu parles, Nell? T’as toujours voulu savoir qui était ta famille.
- C’est fini. On arrête, plus de conteuses, de parents, rien! Je ne veux plus qu’on en parle.
- Mais Nell? Dit la petite Margot surprise de voir de la colère dans mes yeux.
- Promet moi, imposais-je à Yann. Promettez-moi tous, de ne plus m’en parler.
- Tu as découvert qui sont tes parents, affirma Léo. Et tu ne veux pas nous dire qui ils sont.
- Non, tais toi, je ne veux plus qu’on en parle.
- Dis nous ce que tu sais, nous te promettons de ne pas te juger, engagea de nouveau Léo.
- Je ne sais pas! Je ne sais rien, répétais-je en associant toute la gestuelle du « je ne sais rien ». Je ne veux rien savoir.
- Tu vas m'aider à trouver qui je suis et toi même tu ne veux pas savoir qui tu es? Résuma Kali.
- Pourquoi tu renonces? Interrogea Yann.
- On n’avance plus, avouais-je désespérée.
- Nell, tu trembles! Constata Margot en me passant une main réconfortante dans les cheveux.
- C’est rien, c’est rien Margot, tentai-je de la rassurer avec un sourire peu convainquant.
- Parle! Imposa Yann qui sentait bien qu’il se tramait une histoire derrière tout ça.
- Non.
Je quittais la table.
Les uns après les autres, ils étaient venus me voir dans ma chambre pour s’excuser. Ils ne comprenaient toujours pas mon acharnement à ne plus vouloir savoir mais ils avaient pris le parti de l’accepter.
En même temps, comment j’aurais pu leur expliquer quelque chose que moi-même je n’arrivais pas à comprendre.
OOOO
Merlin avait bien dû s’y faire, nous ne trouvions rien sur Kali et elle s’éternisait avec nous.
Mais une nuit, le 11 juin 1253, à 4h, le linge fluide recouvrant le corps vaporeux de la jeune femme se recouvrit de sang. Elle saigna sur le bas ventre et ce chaque année à la même date.
Ces jours là, elle pouvait soulever sa chemise pour voir son ventre ouvert d’une entaille allant de son estomac à l’os du pelvis. Cependant, d’après Léo, cette longue ouverture avait été faite post mortem mais relativement tôt dans la mort, sinon, elle n’aurait pas saigné autant.
Cette entaille n’était pas la cause de la mort, Kali n’avait pas non plus été étranglée ou frappée mais cette entaille était le signe qu’on lui avait retiré quelque chose des entrailles. L’illusion fantomatique du sang, issu de l’inconscient du fantôme été là pour lui poser une énigme supplémentaire. Qu’avait Kali dans son ventre qui lui avait peut-être valu la mort?
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