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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 12:29

« Si vous n’existiez pas, il faudrait vous inventer »

 

 

 

Prologue

 

 

 

 

Il fait frais, mon corps repose sur le sol, je sens l’humidité sous mes doigts. Alors que le brouillard règne dans ma tête, un murmure flotte et semble demander : « pourquoi ». Non… Ce n’est peut-être que le vent qui s’insinue dans celle-ci, ou la fin de ce rêve qui n’en finit plus. Une lumière aveuglante me brûle la peau. Je froisse un tissu dans ma main, j'y vois des mots. Je me redresse, tourne sur moi-même, ma tête est lourde. La forêt de toutes parts domine, noyée dans un bruissement d’eau. Une lettre m’apparaît sur ce tissu tachée de sang, il ne reste que quelques mots : ta trahison… jamais… pourquoi…

Je marche droit devant, vers l’eau, pour me laver de tout ce sang, le mien peut-être et celui d’un cœur de bête que je ramasse avec dégoût... tout est toujours flou. À quoi pouvait t-il servir ? La source est là. Révélée par la lumière, elle se laisse tourmentée par des roches, témoins endormis du passé.

 

De terres d’Écosse, d’Irlande ou de Bretagne, toutes ces forêts parlent le même langage. Par le sang elles sont liées, comme le lierre au chêne. Quel pouvait être le nom de celle-ci ? Son pays ? Une ancienne vie me rappelle à elle, cette forêt m’est inconnue mais si familière qu’elle en est glaçante malgré la douceur du levant.

 

Au loin, des chevaux sont lancés au galop. Leurs sabots claquent sur les pierres des chemins, ils entrent dans l’enceinte de la forêt, ils se rapprochent. Les cris des cavaliers troublent l’eau souillée de sang, son instinct frissonnant m‘induit à fuir. Sur le bord, un saule-pleureur laisse ses branches à la dérive du vent et du courant, créant un rideau où se cache l’âme perdue. Les claquements deviennent plus forts, jusqu’à en être étourdissants. Sur le haut de mon sein, près du cœur, se fait sentir une entaille. Le sang s‘évade sur ma chair, il coagule autour de la plaie saillante et ruisselle vers mon ventre. Le rouge envahit toujours plus le blanc de ma chemise. Je déchire un bout de celle-ci pour faire pression. Tout revient alors à mon esprit : les chevaux, le cavalier, l’épée, le sang sur mes mains… Un cri, j’entends un cri d’appel : « sorcière ». On attend une réponse.

le silence un instant puis :

- Sorcière, tu dois payer ton crime, rends toi.

La voix résonne, le vent se lève plus fort, les feuilles frémissent sur son passage. Il s‘engouffre à travers les bois changeant l‘atmosphère. Un frisson me traverse.

Ils sont trois, peut être quatre à attendre, à guetter un signe, un mouvement. Que dois-je faire ? Rester là ? Courir ? Mais où ?

De l’entaille ruisselle toujours un peu de sang. Mes assaillants ne sont plus très loin. Ils sondent le bois du bout de leurs épées tranchantes, les faisant ratisser toutes les fougères, buissons, talus des alentours. Des contusions s’observent à la surface de ma peau, ainsi qu‘une marque rouge dans la pliure de mon coude. Avant de penser à leur provenance, je prends une impulsion. Dans un élan, je prends la fuite. Courir ! Courir plutôt qu’être brûlée vive sur leurs bûchés devant la populace huant et crachant. Dans ma course, des ronces me déchirent la peau, les arbres défilent, une clairière scarifie l‘étendue, puis je m‘arrête ! Le vide, la fin, le néant sous mes pieds. La falaise rongée depuis des centaines d’années s’ouvre sur la mer. Une larme coule sur ma joue. Derrière moi, alors que mon accablement règne, j’entends déjà rire les cavaliers brandissant de leurs fourreaux quelques armes pour m’assassiner. L’un d’eux descendu de cheval engage ma défaite. Je recule d’un pas, puis de deux sans trop savoir. Un courant d‘air remonte des eaux alors que je regarde mon tombeau. Il avance d‘un pas assuré, son arme rangée. Il sait qu‘à ce moment il n‘y a plus d‘issue. Sa main prend mon cou avec force, ma gorge se sert, mes larmes coulent le long de cette main qui m’oppresse. Plus qu’un pas et c’est le vide, la chute est inéluctable. Leurs sourires satisfaits alors que je perds pied, contemplent ma descente aux enfers. Une vague frappe la craie de la falaise, de la rupture du monde, de l’en deçà et me ramène vers ses profondeurs pour l’au-delà. L’eau, l’eau qui pénètre partout, dans mon nez, dans ma bouche, et une mort lente et douloureuse qui se laisse attendre.

Le voile sombre de mon passé s’était évanoui alors que la mort approchait.   

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 09:40

 

L'Inquisition

 

Chapitre XXVIII

 

 

 

 

Une nouvelle guerre grondait, mais pas de notre coté.

 

 

Dans nos temps reculés, du coté de l’érèbe, la femme avait des difficultés à se faire entendre. Accouchant dans la douleur, tirée de la cote d’Adam, ses imperfections naturelles la rendaient inférieures aux yeux des hommes . Elle était l’épouse infidèle, la femme impressionnable, celle dont les faiblesses la rendaient vengeresse. Elle doutait de tout et de sa foi, elle était responsable de la première faute, celle d’avoir corrompu Adam. C’était bien connu, le Diable avait séduit la part du couple la plus faible, celle qui ne retrouvait l’honneur que dans sa virginité et sa maternité.

Pour cette image, la femme devaient remercier plusieurs métiers : ceux du clergé dont les prêcheurs, les médecins et les auteurs des temps antiques comme Aristote et Platon qui eut du mal à savoir s’il dû classifier la femme dans la même catégorie que l’homme ou dans celle des bêtes.

 

Prêcher était une profession qui avait sa place au sommet des vocations. Ce sacerdoce propulsait ses hommes plus près de Dieu. Ils luttaient contre le Diable, enseignaient les communautés. Les foules écoutaient attentivement ces marchants de vérités. Ils guidaient les âmes égarées sur le chemin du paradis en les écartant de celui de l’enfer. Ces grands orateurs imposaient la vision de l’Église.

Dans les discours théologiques, les trois vices féminins étaient : l’infidélité, l’ambition et la luxure.

Elle était la personnification des pièges du démon et unique responsable de l’adultère. « Les femmes sont des armes du Diable et les glaives par lesquels il attaque les hommes » H. Martin.

On affirmait qu’elles avaient neuf peaux et qu’il ne fallait donc pas hésiter à appliquer des raclées.

 

Les rares représentantes de fort caractère, instruites à la façon des anciennes, représentaient une menace qu’il allait falloir vite éteindre. Ces femmes guérisseuses, accoucheuses, étaient menaces de Dieu. Elles représentaient un contre pouvoir intolérable pour le patriarcat et l’Église.

Le célibat ecclésiastique n’arrangea en rien les rapports hommes femmes, ils avaient peur d’elles, du désir qu’ils avaient pour elles.

Les femmes touchent et troublent les âmes. Elle était un danger moral pour les clercs et pour eux, elles rapprochaient le monde de sa fin.

Ces prêtres représentants du savoir et de l’ordre publique, frustrés, firent naître dans le cœur des hommes une guerre sans merci contre la femme, « diable domestique » .

 

De la femme à la sorcière le chemin n’était plus très loin dans le cœur des hommes de religion et des naïfs.

Pour propager ce besoin de chasse aux sorcières, nous avions les gonfleurs de chiffre, ceux qui aimaient bien justifier « la nécessité » de leur travail en faussant « leurs » chiffres : les inquisiteurs de la grande Inquisition.

Malgré le fait qu’ils trichaient, c’est eux qui tuaient et entretenaient la peur. L’exagération, la tromperie, la torture, la fatigue étaient les outils de leur travail acharné. Dans le livre de l‘exode figure « tu ne laisseras pas en vie la sorcière ».

La sorcière était plus qu’une femme, c’était un être dévorant les enfants, volant la nuit. Elle se transformait en chouette et participait à la chasse sauvage menée par les diables. Tout ce folklore-ci, venait, lui, du monde de l’agriculture, un monde où certaines guerres étaient restées magiques et les enfants trop souvent perdus.

 

 

Cette année 1252, l’église allait redonner le droit officiel de torture aux inquisiteurs. La chasse était ouverte.

 

 

OOOO

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 18:37

 

" If you did not exist, it would be necessary to invent you "

 

 

Prologue

 

 

It makes freshly, my body rests on the ground, I feel the humidity under my fingers. While the fog reigns in my head, a rustle floats and seems to ask "why". No … It is maybe only the wind which insinuates itself into this one or the end of this dream which does not finish it any more. A blinding light burns me the skin. I crease a paper, an old letter in my hand. I recover, turn on myself, my head is heavy. The forest from everywhere dominates, flooded in a rustle of water. The letter appears to me, stained with blood, there are only some words: your treason never …Why … I walk right front, towards the water to wash myself of all this blood, mine maybe and that of a heart of animal which I collect with disgust... everything is always vague. To what could be of use ? The source is there; revealed by the light, it is allowed tourmented by rocks, sleepy witnesses of past.

 

 

Earth of the Scotland, Ireland or Brittany, all the forests speak about the same language and by the blood they are connected, as the ivy in the oak. What could be the name of that this? Its country? A ancient life calls back me her, this forest is unknown me but so familiar as it is icy in spite of the sweetness of the east there.

 

 

Far off, horses are thrown to the gallop; their clogs click on stones of roads, they enter within the forest, they get closer. Riders' shouts disturb the water soiled by blood, its shivering instinct leads me the flight. On the edge, a weeping willow leaves its branches adrift of the wind and the current, creating a curtain where hides the lost soul. The bangings become stronger until be splendid there. On the top of my breast, near the heart, is smelt a notch, the blood escapes on my flesh, it coagulates around the striking wound and streams towards my stomach. I tear an end of my white shirt, dirtied with red to press. Everything returns then to my spirit: horses, rider, sword, blood on my hands …A shout, I hear a shout of call, we wait for an answer: " witch, witch you have to pay your crime, make you. ". The voice resounds, the wind gets up more hardly, sheets shiver on its passage, it rushes through wood changing the atmosphere, a shiver crosses me. They are three, can be four to wait, to watch for a sign, for a movement. What do I have to make? Stay there, run, but where? The notch always streams a little blood. My aggressors are not any more very far, they sound the wood of the end of their cutting swords, making them rake all the ferns, the box tree, the bank of the surroundings. Bruises observe on the surface of my skin, as well as a red mark in the fold of my elbow. Before thinking of their origin, I take an impulse. In a run-up, I flee. Run! Run rather than be burnt alive on their slogged in front of the booing and spitting plebs. In my running, brambles tear me the skin, trees disentangle, a scarifie clearing the area, then I stop! The space, the end, the nothingness under my feet. The cliff eaten away since hundreds of years opens on the ocean. A tear flows on my cheek. Behind me, while my dejection reigns, I already intend to laugh the riders brandishing of their sheaths some weapons to murder me. One of them lowered from horse engages my defeat. I move back of a step, then two without knowing too much. A draft goes back up waters while I look at my grave. He moves of an assured step, his orderly weapon, he knows that at this moment there is not an outcome anymore. The hand takes my neck with strength, my throat uses, my tears flow along this hand which oppresses me. More than a step and it is the space, the fall is inevitable. Their satisfied smiles while I lose foot, contemplate my descent into hell. A vague striking the chalk of the cliff, the break of the world, of the highly-rated shadow and returns me towards its depths for beyond. The water, the water which penetrates everywhere, in my nose, in my mouth, and a slow and painful death which is allowed wait.

The dark veil of my past had fainted while the death.

 

 

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